Une oeuvre chorégraphique créée par Emilie Charles

Une proposition qui transcende les frontières, tournée vers l’urgence de l’échange et soutenue par une merveilleuse contagion : celle du rythme si naturellement généré et partagé en mouvement.

Six personnages contrastés, tour à tour espiègles ou graves, comme autant de danseurs–comédiens qui s’apprivoisent peu à peu, portés par la précieuse flamme de la danse, avec des incursions théâtrales transitoires, et même du chant.

Thomas Loiret

« Et si on jazzait » est une oeuvre chorégraphique basée sur l’esprit du jazz, lui-même représenté par l’unification du groupe, l’expression de l’âme humaine reliée à ses origines, et enfin le plaisir des rythmes qui pousse au dépassement de soi, à la fois physiquement, mais aussi spirituellement…

L’histoire de ce spectacle se déroule aux Etats-Unis en 1963, l’année du célèbre discours I have a dream de Martin Luther King.

Six personnages atypiques se rencontrent dans un bar à l’ambiance jazzy et tentent d’oublier la complexité d’un monde qui change. Le swing s’empare de leurs pieds et, doucement, la nuit tend à les rapprocher les uns des autres.

La danse devient pour eux un refuge où se mélangent humour et allégresse, méfiance et maladresse, amour et tendresse…

La danse est célébration, la danse est langage. Langage en-deçà de la parole : les danses nuptiales des oiseaux le montrent ; langage au-delà de la parole, car là où ne suffisent plus les mots surgit la danse.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,

Dictionnaire des symboles

Les maîtres mots de la Compagnie sont « sensibilité » et « métissage ». Ce qui nous intéresse dans les différents styles de danse, c’est d’aller y chercher son intérêt thérapeutique, que ce soit pour un seul individu ou pour le bien d’un groupe, d’une collectivité. Derrière chaque esthétique se cache une philosophie. Dans cette pièce, la philosophie est de mettre l’individualisme de côté au profit d’un groupe unifié. La musique jazz et les rythmes africains servent d’intermédiaire afin de faciliter la communication. Ce pourquoi l’œuvre est construite en 2 parties

1. La rencontre dans un bar.

La musique d’ambiance est un blues, et ce n’est pas un hasard : il exprime dès le début l’état dans lequel se trouvent les différents personnages au plateau, perdus dans un monde qui les pousse à l’individualisme et à la méfiance. Nous avons fait le choix des années 1960, une époque de remises en doute sur la société encore touchée par la ségrégation raciale. Les individus commencent à danser par 2, puis par 3, par 4, pour enfin danser à 6 ! Ils cherchent à s’oublier eux-mêmes tout en laissant de côté le reste du monde, le temps d’une nuit.

Tout le monde finit par se rassembler, et ce n’est pas non plus un hasard si le célèbre discours de Martin Luther King survient à la radio et vient couper ce beau moment d’extase provoqué par la danse. “I have a dream” vient souligner l’idée d’une unification. C’est aussi le signe que l’évolution sociale est bel et bien réelle, et que l’espoir est partagé. La voix de M.L.K rassemble les corps dans un même mouvement, une même danse.

Ce qui permet à la 2ème partie de prendre tout son sens…

2. L’espoir d’un nouveau monde.

Les danseurs construisent leur propre univers, limité et protégé par les murs du bar. Ils s’inspirent du passé des Etats-Unis pour reconstituer un monde meilleur : un territoire de mixité culturelle, d’imitations et de dialogue. Ils mélangent effectivement les lignes et l’amplitude des danses européennes aux danses héritées des anciens esclaves noirs, faites de rythmes et de scansions, animées par une énergie viscérale et des gestes impulsifs.

J’ai fait le choix d’ouvrir cette seconde partie avec des voix off extraites des célèbres discours qui ont fait grandir le pays et des documentaires reliés à son histoire. Le but de ce passage est de SE SOUVENIR de toutes les difficultés rencontrées au cours de ce long périple vers l’acceptation de la différence (culture, peau…).

Toutes les chorégraphies célèbrent cette capacité de s’unir et d’œuvrer pour les autres. Nous partons du principe que le bien-être de l’individu passe par l’harmonie du groupe.

« Et si on jazzait ? » s’inspire de nombreuses sources :

  • Le vocabulaire des danses populaires jazz
  • Les isolations et l’énergie du continent noir
  • Les recherches de Katherine Dunham et de F.C. Billman sur les danses rituelles.
  • La technique de la Compagnie Alvin Ailey, beaucoup plus étirée et ample, liée à la danse classique.

A ces sources nous ajoutons notre propre touche de modernité. Il ne s’agit pas seulement de mélanger les esthétiques culturelles, mais aussi de mêler les époques (1960 / 2015). Ce n’est donc pas une ré-interprétation historique mais bel et bien une œuvre contemporaine, au sens « actuel » du terme.

Une nouveauté chorégraphique avec une puissante idée d’hommage à Martin Luther King.

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